novembre 2010


Cela fait un moment que je n’ai  pas donné de nouvelles. Décembre approche, les travaux avancent mais pourtant je crois bien que je ne pourrai pas ouvrir en 2010. La faute aux mauvaises surprises, la faute aux délais… Il y a eu aussi des bonnes surprises mais qui ont supposé des délais supplémentaires, je pense à la toiture et au velux payés par le propriétaire. Mais il y a eu aussi des poutres en mauvais état, des vitrines brigue-ballantes, et toutes les difficultés liées à un bâtiment très ancien (il y a des murs en colombage), peu entretenu, peu chauffé pendant de très longues années.

Le moral n’est pas toujours au plus haut, heureusement que les amis me soutiennent.

Il a aussi fallu maintenir le budget initial malgré les travaux toujours plus importants : difficile de changer une porte d’entrée avec du solide et du double vitrage en conservant les vitrines de part et d’autre qui ne reposent sur rien et en simple vitrage. Alors il a fallu en faire toujours plus par nous-mêmes.

Merci à Olivier, mon mari, qui s’est dépensé sans compter. Il y a passé ses week-end, ses soirées, parfois ses congés, à casser, démonter, déplacer, évacuer, tronçonner, percer, nettoyer, ranger. Il m’a remonté le moral, il m’a apporté son soutien physique, financier et psychologique malgré son travail, les 4 enfants et les soucis inhérents à la vie.

Alors nous continuons à avancer,

– les plombiers ont posé toutes les évacuations, ils ont mis l’évacuation des eaux pluviales en conformité, ils se sont attaqués aux alimentations et bientôt poseront le séparateur de graisse, obligatoire dans les restaurants (mais pas dans les hôpitaux… allez comprendre). J’espère obtenir une subvention pour la mise en conformité de l’assainissement.

– les électriciens n’en finissent pas de passer des câbles pour l’éclairage, les prises, l’informatique, l’alarme incendie, le chauffage (il n’y en avait pas avant ! Seulement des poëles à pétrole juste avant l’ouverture)

– les « plaquistes » plaquent, les murs, les plafonds en BA13 coupe-feu (2 épaisseurs !). Il n’y a pas un mur ou un plafond droit.

– les menuisiers ont terminé le plancher, tout est à niveau, ils ont créé deux rampes pour l’accessibilité handicapé ( pente < 5% ou à 10% si elles mesure moins de 50 cm). On a parfois remonté le sol de plus de 40 cm ! alors que le plafond a dû descendre de 5… Passer de 260 sous plafond à 210 par endroit, ça fait tout bizarre… Entre les normes d’accessibilité et celles d’incendie, les pièces se retrouvent écrasées…

– les couvreurs ont fini depuis plusieurs semaines, ils ont refait une belle charpente et une belle toiture en zinc au-dessus des anciennes toilettes, à l’arrière. Nous en avons profité pour ouvrir un puit de lumière.

– Les maçons ont percé un mur porteur pour accéder au nouveau WC handicapé, réparé un mur en colombage dont les poutres étaient HS, refait le plancher au-dessus de la cave, détruit deux escaliers inutilisés qui menaçaient de s’écrouler, ouvert une fenêtre sur l’arrière, creusé des tranchées pour passer de nouvelles canalisations et encore bien d’autres choses.

– Les serruriers travaillent sur les ouvertures, après leur passage il ne restera plus aucune ouverture en simple vitrage. Hélas les délais sont importants car tout est sur-mesure et la Librestorie n’est pas encore hors d’air ! Pas facile de faire sécher les enduits ou les peintures avec les fenêtres grandes ouvertes (il n’y en a pas encore…) avec la pluie et maintenant la neige 😦

Comme vous pouvez le lire, il y a du boulot, ça avance mais ce n’est pas fini, il y aura encore toutes les peintures, les revêtements de sol, la pose des radiateurs, le montage des étagères, la réception des livres, l’inventaire, le rangement, la mise en place de la cuisine… Ca donne le tournis rien que d’y penser !

Si le pinceau vous démange, n’hésitez pas à venir donner un coup de main dans les semaines à venir !

Je vous tiens au courant dès que j’ai une idée de la date d’ouverture.

A bientôt

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J’ai passé pas mal de temps à faire des dossiers de demande de subvention. Le domaine de la librairie est assez particulier. Tout d’abord il est réglementé. Le prix du livre est unique. La « loi n°81-766 du 10 août 1981 relative au prix du livre » limite la concurrence sur le prix de vente au public du livre afin de protéger la création et développer la lecture.  Elle a probablement sauvé la vie aux libraires. Cela n’empêche que cela reste une profession où il n’est pas facile de gagner sa vie et les subventions sont sûrement plus nombreuses que pour d’autres commerces.


Avec le soutien de la Direction régionale des affaires culturelles d'Ile-de-France

J’ai donc fait des demandes auprès de plusieurs organismes :

– J’allais finir par « et enfin la DRAC« … Mieux vaut commencer par les bonnes nouvelles

La Direction Régionale des Affaires Culturelles d’Ile-de-France aide de façon directe, à hauteur de 40% maximum l’informatisation des librairies. Elle offre aussi des aides à la constitution ou le développement du fonds à travers le CNL (paragraphe suivant)

Danièle Brison m’a reçue, elle a pensé que j’étais un peu inconsciente – et elle a probablement raison -, mais elle m’a écoutée et m’a expliqué comment déposer ma demande. J’ai obtenu une aide conséquente puisque la DRAC va participer à plus de 40% à mon informatisation (PC et logiciel de gestion de librairie). Un grand merci !

l’ADELC – Association pour le développement de la librairie de Création – http://www.adelc.fr/accueil.html

« L’ADELC a été créée par des éditeurs de littérature générale soucieux de favoriser la diffusion de la création éditoriale en apportant à des libraires les moyens de se développer et de conserver leur indépendance.

[…]

Ne fonctionnant pas dans une logique de retour sur investissement à court terme et quantifiable, son rôle est de contribuer au maintien et au développement d’un « éco-système » garantissant la diversité et le renouvellement  de la création et permettant de répondre à la demande et de susciter la curiosité du public.

Enfin, l’ADELC ne concentre pas ses interventions sur les seules librairies répondant d’ores et déjà aux critères et aux exigences des « librairies de création ». La mission qu’elle s’assigne est également de participer, à la place qui est la sienne, à l’avenir de la librairie, au renouvellement, à la professionnalisation et à la prise de responsabilité de nouveaux libraires. D’où sa volonté d’ «investir » dans des librairies en devenir, en les accompagnant, certes financièrement, mais également, dans le temps, par un travail régulier sur le terrain et, le cas échéant, en suscitant des confrontations avec d’autres libraires plus expérimentés, sous forme d’échanges ou de formation. »

Je pensais être dans la diversité et le renouvellement, hélas, l’ADELC n’a pas cru en mon projet. J’avais convaincu Claire Mortier, elle a accepté de parler de mon projet. Elle a ensuite confirmé que mon dossier pouvait être examiné. J’y ai donc passé quelques heures. Mais Didiel Grevel m’a annoncé par téléphone qu’il m’aiderait pas car il pensait que le restaurant fonctionnera, que la librairie disparaîtra à son profit et que les livres ne seront plus qu’un décor. Un peu cher le décor. Il a ajouté qu’il pouvait se tromper, ce que je souhaite, non, ce dont je ne doute pas. Et je compte sur vous pour abandonner les achats de livres sur internet ou à la Fnac de Vélizy et choisir de vous rendre au Mille Feuilles pour vous faire conseiller, passer un bon moment et montrer qu’il s’est trompé car L’ADELC reste prête à m’aider par la suite si la librairie démontre sa viabilité.

le CNL – Centre National du Livre

Premier contact, le même qu’à l’ADELC, « on n’aide pas des librairies-restaurant ». J’ai insisté, dit que l’ADELC acceptait d’examiner mon dossier. Ils ont alors accepter d’en recevoir une copie. Par la suite, il m’a été demandé de remplir le dossier standard, ce que j’ai fait. Hélas, Le CNL a aussi décidé de ne pas m’aider. Cette fois, la raison invoquée par Thierry Auger a été que le CNL favorisait les projets en grande couronne, et que Bièvres était trop près de Paris (pourtant nous payons la zone 4 !). Il a aussi convenu qu’il n’y avait aucune librairie indépendante dans la région (qu’il connaît, habitant tout près). Est-ce la vraie raison ? N’est-ce pas encore parce que la librairie est associée à un restaurant ? Ce mariage choque les puristes 😦 J’espère faire avancer les mentalités et montrer que cela peut-être une voie de développement intéressante. En tout cas, ce sera vraiment au détriment du stock car je ne peux pas réduire le montant des travaux qui doivent me permettre d’être aux normes incendie, accessibilité handicapé et hygiène !

La région :

La région offre une aide conséquente pour la constitution d’ un fonds général lié à un projet de création de librairie. J’ai déposé mon dossier fin juillet. J’ai rencontré Laurence Vintejoux début septembre. Hélas mon dossier n’a pas pu passer à la commission d’octobre et est reporté à celle du printemps. J’ai été bien sur très déçue car cet argent m’aidera à offrir à mes clients un fonds plus important. Mais l’affaire n’est pas encore jouée et je reste très optimiste.

Voilà, pas toujours facile de sortir des cases. La librestorie doit montrer sa viabilité. Je vous parlerai une autre fois des subventions dans le domaine de la restauration qui pour la peine ne se préoccupe pas de l’activité de librairie.