J’ai passé pas mal de temps à faire des dossiers de demande de subvention. Le domaine de la librairie est assez particulier. Tout d’abord il est réglementé. Le prix du livre est unique. La « loi n°81-766 du 10 août 1981 relative au prix du livre » limite la concurrence sur le prix de vente au public du livre afin de protéger la création et développer la lecture.  Elle a probablement sauvé la vie aux libraires. Cela n’empêche que cela reste une profession où il n’est pas facile de gagner sa vie et les subventions sont sûrement plus nombreuses que pour d’autres commerces.


Avec le soutien de la Direction régionale des affaires culturelles d'Ile-de-France

J’ai donc fait des demandes auprès de plusieurs organismes :

– J’allais finir par « et enfin la DRAC« … Mieux vaut commencer par les bonnes nouvelles

La Direction Régionale des Affaires Culturelles d’Ile-de-France aide de façon directe, à hauteur de 40% maximum l’informatisation des librairies. Elle offre aussi des aides à la constitution ou le développement du fonds à travers le CNL (paragraphe suivant)

Danièle Brison m’a reçue, elle a pensé que j’étais un peu inconsciente – et elle a probablement raison -, mais elle m’a écoutée et m’a expliqué comment déposer ma demande. J’ai obtenu une aide conséquente puisque la DRAC va participer à plus de 40% à mon informatisation (PC et logiciel de gestion de librairie). Un grand merci !

l’ADELC – Association pour le développement de la librairie de Création – http://www.adelc.fr/accueil.html

« L’ADELC a été créée par des éditeurs de littérature générale soucieux de favoriser la diffusion de la création éditoriale en apportant à des libraires les moyens de se développer et de conserver leur indépendance.

[…]

Ne fonctionnant pas dans une logique de retour sur investissement à court terme et quantifiable, son rôle est de contribuer au maintien et au développement d’un « éco-système » garantissant la diversité et le renouvellement  de la création et permettant de répondre à la demande et de susciter la curiosité du public.

Enfin, l’ADELC ne concentre pas ses interventions sur les seules librairies répondant d’ores et déjà aux critères et aux exigences des « librairies de création ». La mission qu’elle s’assigne est également de participer, à la place qui est la sienne, à l’avenir de la librairie, au renouvellement, à la professionnalisation et à la prise de responsabilité de nouveaux libraires. D’où sa volonté d’ «investir » dans des librairies en devenir, en les accompagnant, certes financièrement, mais également, dans le temps, par un travail régulier sur le terrain et, le cas échéant, en suscitant des confrontations avec d’autres libraires plus expérimentés, sous forme d’échanges ou de formation. »

Je pensais être dans la diversité et le renouvellement, hélas, l’ADELC n’a pas cru en mon projet. J’avais convaincu Claire Mortier, elle a accepté de parler de mon projet. Elle a ensuite confirmé que mon dossier pouvait être examiné. J’y ai donc passé quelques heures. Mais Didiel Grevel m’a annoncé par téléphone qu’il m’aiderait pas car il pensait que le restaurant fonctionnera, que la librairie disparaîtra à son profit et que les livres ne seront plus qu’un décor. Un peu cher le décor. Il a ajouté qu’il pouvait se tromper, ce que je souhaite, non, ce dont je ne doute pas. Et je compte sur vous pour abandonner les achats de livres sur internet ou à la Fnac de Vélizy et choisir de vous rendre au Mille Feuilles pour vous faire conseiller, passer un bon moment et montrer qu’il s’est trompé car L’ADELC reste prête à m’aider par la suite si la librairie démontre sa viabilité.

le CNL – Centre National du Livre

Premier contact, le même qu’à l’ADELC, « on n’aide pas des librairies-restaurant ». J’ai insisté, dit que l’ADELC acceptait d’examiner mon dossier. Ils ont alors accepter d’en recevoir une copie. Par la suite, il m’a été demandé de remplir le dossier standard, ce que j’ai fait. Hélas, Le CNL a aussi décidé de ne pas m’aider. Cette fois, la raison invoquée par Thierry Auger a été que le CNL favorisait les projets en grande couronne, et que Bièvres était trop près de Paris (pourtant nous payons la zone 4 !). Il a aussi convenu qu’il n’y avait aucune librairie indépendante dans la région (qu’il connaît, habitant tout près). Est-ce la vraie raison ? N’est-ce pas encore parce que la librairie est associée à un restaurant ? Ce mariage choque les puristes 😦 J’espère faire avancer les mentalités et montrer que cela peut-être une voie de développement intéressante. En tout cas, ce sera vraiment au détriment du stock car je ne peux pas réduire le montant des travaux qui doivent me permettre d’être aux normes incendie, accessibilité handicapé et hygiène !

La région :

La région offre une aide conséquente pour la constitution d’ un fonds général lié à un projet de création de librairie. J’ai déposé mon dossier fin juillet. J’ai rencontré Laurence Vintejoux début septembre. Hélas mon dossier n’a pas pu passer à la commission d’octobre et est reporté à celle du printemps. J’ai été bien sur très déçue car cet argent m’aidera à offrir à mes clients un fonds plus important. Mais l’affaire n’est pas encore jouée et je reste très optimiste.

Voilà, pas toujours facile de sortir des cases. La librestorie doit montrer sa viabilité. Je vous parlerai une autre fois des subventions dans le domaine de la restauration qui pour la peine ne se préoccupe pas de l’activité de librairie.

Publicités