Généralités


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Actes Sud – 19,80€

Lèvres de pierre de Nancy Huston

Mon très gros coup de cœur ! Voici un roman dont il faut lire le préambule avant et après… Avant, on ne sait pas encore… Nancy Huston explique sa démarche et après on la comprend enfin… Nancy Huston a réussi a fait le parallèle entre la jeunesse de Pol Pot et la sienne, leur découverte du communisme à Paris… vous imaginez bien qu’ils n’ont pas vécu la même jeunesse, pas à la même époque (elle nait au Canada alors qu’il quitte Paris) et surtout pour finir avec une vie tellement différente. Et pourtant elle y arrive… L’éclairage est très intéressant ! Chacun ses lèvres de pierre, ses douleurs, ses conséquences… Saloth Sâr, le futur Pol Pot va être retiré du monastère qu’il aime et qui le rassure pour l’école catholique et la langue française qui le mettent en échec. Il va cacher ses blessures derrière le sourire de Bouddha et attendre son heure après un voyage à Paris et les tonnes de bombes américaines sur le Cambodge pour devenir le bourreau communiste des Khmers rouges. Nancy Huston va subir la libération sexuelle, elle est belle, grande, intelligente, mature… trop, probablement. Elle va se protéger derrière son sourire et la maitrise de son corps, l’anorexie… Elle aussi va finir ses études à Paris, découvrir le communisme et attendre son heure pour devenir féministe ! Un roman à lire absolument, intéressant historiquement, qui amène à réfléchir à la portée de nos actes et très bien écrit.

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Alma éditeur – 18€

Einstein, le sexe et moi de Olivier Liron

Olivier Liron est autiste Asperger… Le roman commence ainsi… Olivier Liron est aussi normalien, il écrit pour le théâtre, il joue au piano… Il est beau… Partout en photo sur son site. Et enfin il a gagné Questions pour un champion en 2012 ! Et là ça devient drôle car il y a effectivement comme un décalage du début jusqu’à la fin…

A travers sa participation à ce jeu, Olivier Liron nous livre les blessures de son enfance, les années collège, le harcèlement de ses « camarades », l’incompréhension de ses professeurs, les difficultés avec les filles… « Je suis autiste Asperger. Ce n’est pas une maladie, je vous rassure. C’est une différence. »

Alma nous livre un nouveau roman, facile, percutant et qui laisse quelques traces…

Quidam – 16 €

Seule la nuit tombe dans ses bras  de Philippe Annocque

Une relation extra-conjugale sur Facebook… Relation sexuelle ? Relation amoureuse ? Dépendance sûrement… Facebook est déjà addictif pour beaucoup… Ajoutez-y du sexe, de la provoc, un échange malgré tout « intellectuel » puisqu’ils sont profs tous les deux… La recette fonctionne sans aucun doute… Un roman très actuel qui se moque gentiment… ou qui va créer des adeptes !

 

 

 

 

 

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Flammarion – 14€

Pêche de Emma Glass, traduit de l’anglais par Claro

Mon second très gros coup de coeur… En fait ils sont tellement différents… Pas facile de les comparer…

L’éditrice l’a présenté en expliquant que le roman était intraduisible… En le lisant j’ai compris pourquoi, bravo à Claro pour son travail car Emma Glass a inventé un langage, une grammaire et un univers…

Pour raconter le viol de Pêche, une très jeune fille, la jeune auteure a choisi un monde pas complètement réel, un peu à la Boris Vian. Le corps de Pêche va porter chaque jour un peu plus la trace de son agression, pourtant personne ne semble vraiment s’en préoccuper. Son corps enfle, elle semble avoir des visions, elle est végétarienne et devient particulièrement écoeurée à la vue de la viande…

Un roman très court, très percutant, dérangeant et très poétique… Ce n’est pas souvent que je compare un roman à l’univers de Boris Vian…

 

NousetionsBeauxLaNuit

La fosse aux ours – 17€

Nous étions beaux la nuit de Philippe Fusaro

Fan de Christophe – le chanteur de Les mots bleus – ce roman est pour vous ! Bon ça limite un peu le public… Fan de Rome, fan de la Dolce Vita… Philippe Fusaro est fan, il n’y a aucun doute 🙂 Et il se propose de partager quelques soirées à Rome au Piper Club… Alors installez-vous dans votre canapé… Programmez quelques morceaux de Christophe et laissez-vous emportez quelques heures à Rome, plutôt de nuit, au volant d’une belle décapotable, la musique à fond… Abandonnez-vous !

 

 

 

 

 

Trancher

Flammarion – 17€

Trancher de Amélie Cordonnier

Ici pas d’abandon, pas de voyage, pas de mots bleus qui rendent les gens heureux… Aurélien ne frappe pas sa  femme avec ses poings mais avec ses mots… Il l’insulte, lui manque de respect, devant les enfants… C’était déjà arrivé… Elle était partie, il s’était « soigné » et puis la maladie revient… Que va-t-elle faire ? Que vont-ils devenir ? Avant de trancher ?

 

 

 

 

LesVoyagesdeSable

Le Passage 19€

Les voyages de sable de Jean-Paul Delfino

Un soir de décembre, Monsieur Jaume, professeur de philosophie, vient prendre son crème dans son café habituel. Ce soir il n’a pas l’air en forme et il raconte sa vie à Virgile, le patron. La nuit va être longue car il est né à Marseille en 1702 ! Alors forcément il va falloir boire quelques bouteilles… Mais est-ce bien raisonnable ? 320 ans ? Qui va croire à cette invention… Pourtant son histoire est passionnante ! Mieux qu’un livre d’histoire… Après nous avoir entrainé dans une folle nuit parisienne avec Erik Satie et Blaise Cendrars avec Pêcheurs d’étoiles, laissez-vous prendre par les voyages de sable et partez pour l’Afrique, la Guyane, le Brésil, le Portugal… Bon voyage !

 

1994 de Adlène Meddi

Un des premiers romans de la rentrée littéraire que j’ai commencé. Je ne l’ai pas fini car il y a eu la marée des suivants et il nécessitait un peu, beaucoup, d’attention… Ce n’est pas comme le 1994 de Orwell un roman d’anticipation mais plutôt un retour en arrière.

Il est très bien écrit et est très intéressant, il faut que je m’y replonge. Nous sommes en 2004, Amin enterre son père, général des services secrets, et alors qu’il espérait être « libéré », il tombe dans la dépression, la folie et est interné. En 1994, avec 3 amis lycéens, ils avaient lutté contre le terrorisme… Et les choses avaient mal tourné…Sidali, contraint à l’exil, est l’un d’eux et il revient en Algérie 10 ans après…  Retour sur ces années noires par l’intermédiaire de ces jeunes et par l’intérieur, les services secret par le biais de leurs pères… Très fort…

 

 

 

 

 

 

 

helena

Rivages – 23€

Helena de Jérémy Fel

Quand le destin d’Hayley, jeune adolescente décidée à honorer sa mère disparue en devenant une joueuse de golf accomplie, croise celui de Norma et de ses trois enfants, c’est le début du cauchemar. Mais ces évènements tragiques ne sont pas qu’un concours de circonstances. A travers de multiples flash-backs, on découvre les éléments qui ont guidé les actes de nos protagonistes et ont fait d’eux à la fois des victimes et des bourreaux. Jeremy Fel dépeint la force de l’amour maternel, le besoin viscéral de vengeance, la douleur de la perte et la marque du traumatisme. Horreur, pitié, compassion, les sentiments qu’inspire cette fiction s’entremêlent et laissent le lecteur hagard. Ce récit, cru et sanglant, s’emploie à décrypter les mécanismes à l’origine du cercle vicieux de la violence. Une question demeure : Peut-on en sortir ?  Rébecca
LaMereDeTusLesCochons2

L’aube – 23€

La mère de tous les cochons de Malu Halasa

Ce gros roman est au croisement de plusieurs genres à l’image des personnages. Nous sommes en Jordanie au sein d’une famille chrétienne installée depuis des siècles, Hussein, boucher et ancien militaire, décide sur une proposition de son oncle (propriétaire du grand bazar) d’élever et de vendre du porc… A travers cette fable parfois comique, Malu Halasa nous dépeint une société jordanienne en pleine mutation. 4 femmes entourent Hussein, sa mère, Mother Fadhma, sa femme, Laila, sa soeur Samira, et sa nièce Muna, qui leur rend visite des Etats-Unis pour la première fois (celle-ci est de mère Philippine et de père Jordanien… comme notre auteure qui est née aux US et vit à Londres). Intéressant, drôle, Malu Halasa dresse des portraits de femmes militantes chacune à sa manière et en fonction de ses moyens, raconte un pays au coeur de nombreux conflits… Je n’ai pas trouvé d’infos en français alors je vous envoie vers des critiques anglophones, révision de rentrée !

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lecture terrasse

Les Mille Feuilles de Bièvres et de Ville-d’Avray sont fermés du dimanche 29 juillet au lundi 20 août ! Il faut bien quelques semaines pour lire tous les livres de la rentrée littéraire 😉

Nous vous attendons mardi 21 à partir de 10h30 à Bièvres et 15h à Ville-d’Avray.

Vous pouvez envoyer vos commandes et réserver par mail contact@millefeuilles.biz en précisant la librairie concernée.

Nous vous souhaitons un très bel été !

Alexandra, Frédérique, Marjorie, Sophie et Véronique

J’ai vu ces photos en 2014… J’ai alors proposé à Grégory et Jean-Michel d’exposer au Mille Feuilles… Et puis le temps passe… Chacun vaque… Et il passe encore… En avril je les ai à nouveau relancés… Et cette fois, les astres devaient être alignés et nous avons trouvé une date ! Elle ne pouvait pas être placée sous de meilleurs auspices puisqu’elle aura lieu pendant la foire à la photo ! C’est un signe 🙂

 

La beauté d’une langue, d’un mot, d’un geste.
Il se dégage de la langue des signes française une véritable poésie, une calligraphie de l’espace.
Le geste est précis : il a un commencement, une trajectoire et une fin. Saisir le déplacement de ces signes revient à dessiner le partage de l’air qui nous entoure. Saisir le déplacement de ces signes revient à dessiner le partage de l’air qui nous entoure. Chaque geste a son sens, sa chorégraphie, il s’agit dans le projet « Signes » d’en saisir quelques fragments, de percevoir la Grâce de cette langue.

Il a fallu laisser le signe se faire, sans en figer une instantanéité, ne pas l’interrompre… Pour cela, l’utilisation de la pause lente s’est avérée évidente et permet d’observer le parcours des mains et des bras lorsqu’un mot est signé.

Le signe se dessine peu à peu jusqu’à emprunter une musicalité gestuelle dont les mots prononcés sont orphelins. La LSF est bien plus qu’une richesse, elle symbolise la passerelle entre deux modes de communication d’un même monde.

Photographies réalisées avec des enfants de maternelle, sourds et entendants de l’école maternelle des Coquelicots-Myosotis à Massy. Avec le soutien de la Mairie de Massy.
Jean-Michel Molina – Grégory Bozec

 

Dominique ROBERT, Plasticien, professeur agrégé, a fait l’école Boulle, l’école normale supérieure, est en poste à l’école supérieure d’arts appliqués Boulle et vit et travaille à Paris et Orléans

Venez découvrir son exposition « PAYSAGES SOUS SURVEILLANCE » à la galerie  de L’entracte du 30 mai au 17 juin 2018. Il exposera aussi quelques oeuvres dans la salle de restauration du Mille Feuilles Sullivan.
Vernissage le vendredi 1er juin à partir de 19h
Permanences de 14h à 19h
Les mercredi 30 mai /6/13 juin
Les samedi 2/9/16 juin
Les dimanche 3/10/17 juin
Le travail de Dominique Robert est manifestement tourné vers l’expression laissée à la couleur.
Les thématiques sont paysagères, une nature observée ou fantasmée. Un cadrage est effectué comme pour entrer plus avant dans le sujet qui reste celui de la peinture avant tout.
La vie de la peinture s’écrit, se décrit elle-même. Tantôt coulures, tantôt citron, tantôt ornements.
Il est question ici de laisser la fluidité s’exprimer, d’être dans la souplesse, la contemplation d’un écoulement, d’un suintement, d’un glissement. Le liquide s’exprime, la pesanteur attire.
C’est aussi un travail de strates avec la trace de sa mémoire, trace du temps, des phases parfois interrompues, c’est un constant palimpseste. La couleur, au centre de l’expression, est scintillante, vive, brute parfois, c’est l’essentielle énergie de ce travail.
Les formats oscillent entre la surface petite et d’autres plus vastes, le travail est comme sur une peau, un papier, un vélin.
Il donne à voir et propose un espace de contemplation ou la psyché peut errer et se poser,  sur papier, sur toile, à l’acrylique avec des rehauts de pierre noire.
Ce travail est en dialogue constant avec une pratique de l’écrit, du journal au quotidien.

Rémi Toulon est déjà venu à Bièvres, il accompagnait Marie Busato… J’ai, nous, vous avons aimé… Alors, entre 2 concerts au Sunside et au Jazz café Montparnasse, il a la gentillesse de venir à Bièvres avec son trio pour une belle soirée jazz qui devrait passer par une étape diner en terrasse ( le 9 juin… ça devrait le faire !) et de terminer en musique ! Il y aura tout… la vue sur la vallée avec le coucher de soleil, un bon repas fait maison et surtout les notes de Rémi Toulon trio ! A ne pas rater !

Pensez à réserver au 01 69 85 32 69 ou contact@millefeuilles.biz

Diner Formule unique 20€ – Participation à la musique 10€

 REMI TOULON TRIO

Sur scène depuis l’âge de quinze ans, Rémi Toulon s’est frotté au Jazz sous toutes ses formes. Un appétit musical et un goût prononcé pour l’éclectisme l’ont amené à participer à plus d’une vingtaine d’albums et à multiplier les rencontres et projets musicaux en tant que pianiste, compositeur ou arrangeur, en France et à l’étranger.

L’enregistrement de l’album « Novembre » en 2011 initie la collaboration du pianiste avec Jean-Luc Arramy (contrebasse) et Vincent Frade (batterie).

L’année suivante, le trio remporte le 1er prix du trophée International d’orchestres organisé par le festival Jazz à Montauban et a donné depuis une longue série de concerts en clubs ou festivals, dont Jazz in Marciac.

L’album « Quietly » (2014), sélectionné par FIP et France Musique, est salué dès sa sortie comme « Révélation » par Jazzman/Jazz magazine.

Avec cette même rythmique plus soudée que jamais, Rémi Toulon vient de signer « Adagiorinho », un opus à la frontière entre Jazz et musiques du brésil.

Une musique généreuse, un plaisir de jouer évident, un univers à la fois personnel et ancré dans la grande tradition du trio Jazz… A découvrir d’urgence !

 » Rémi Toulon, musicien français éclectique et surdoué  » J. Badini, France Musique

 » Ils ont une façon, par leurs arrangements, de réinventer l’art du trio jazz à chaque morceau, qui est tout à fait réjouissante. » Franck Bergerot

 

 » Compositions et arrangements soulignent des mélodies attachantes, une efficacité rythmique redoutable et un lyrisme bien dosé «   Jazz Magazine

 

 

A l’occasion du Printemps des poètes, Les Mille Feuilles vont accueillir Carine Sanson pour l’exposition des originaux des illustrations des Fables du Labyrinthe aux éditions Illador

  • du 10 février au 10 mars à Ville-d’Avray, l’exposition se clôturera par une dédicace de ce très beau livre le 10 mars à 17h30 et nous vous proposons de venir faire un boeuf poétique*.
  • du 11 mars au 9 avril à Bièvres, une dédicace sera organisée le 24 mars à partir de 17h30 et nous vous proposons à nouveau de venir faire un boeuf poétique*.

Mais qu’est-ce que faire un boeuf poétique ? Vous avez déjà entendu parler de taper un boeuf ou de jam session… « réunion impromptue de musiciens… jouer tous ensemble en laissant la part belle à l’improvisation » et tout commença dans les année 20 au boeuf sur le toit, cabaret où se retrouvait musiciens, poètes, artistes pour jouer et chanter librement… Alors venez déclamer votre poésie ou celle que vous aimez aux Mille Feuilles !

De l’impressionnant Labyrinthe conçu pour instruire le Dauphin à Versailles, il ne reste désormais que de belles gravures oubliées.
Imaginé par Charles Perrault, il fut aménagé par André Le Nôtre à partir de 1668 près de l’Orangerie. Avec ses trente-neuf fontaines, il illustrait une sélection de fables d’Ésope. Ce chef-d’oeuvre de culture et de pédagogie, situé sur le terrain de l’actuel Bosquet de la Reine, n’aura duré qu’un siècle.

Le Labyrinthe de Versailles fut aménagé dans les jardins du château, par André Le Nôtre à partir de 1668, sur une idée de Charles Perrault. Plus qu’un nouveau bosquet, il constituait une véritable bibliothèque, ses fontaines illustrant chacune une fable d’Ésope dans le but d’instruire le Dauphin. Quelques années auparavant, Jean de La Fontaine avait publié les six premiers volumes des Fables d’Ésope mises en vers destinées elles aussi au Prince. Mais, quelque peu en disgrâce auprès du roi, il ne fit pas partie de « l’équipe du Labyrinthe » composée de Perrault, Le Nôtre et Benserade. Ce livre parcourt une à une les fontaines de ce bosquet pour le faire renaître dans nos esprits, il donne à lire les fables originelles d’Ésope qui leurs étaient associées, ainsi que celles de ses successeurs comme Phèdre, La Fontaine et les autres.

Naissance

La salle de restauration du Mille Feuilles Sullivan accueille une nouvelle exposition à partir du 8 novembre 2017, Morteza Rafii, artiste peintre miniaturiste, va vous faire voyager à travers l’art Persan. Un monde de couleurs, de détails, de finesse, un monde poétique !

Morteza Raffi vous convie au vernissage le 17 novembre de 18h à 21h

Né en 1946 et vivant à Paris depuis 1975, Morteza Rafii est diplômé des Beaux-arts de Téhéran et de Paris. Après une maîtrise consacrée à la miniature persane, Morteza Rafii, en parfait connaisseur et de l’art n’a cessé d’élargir sa thématique. Fidèle aux règles d’un genre qu’il connait fort bien, puis librement inspiré par les entrelacs, les couleurs, les compositions propres à la spiritualité orientale, il nous offre aujourd’hui un ensemble éclatant et varié, où dominent ce qu’il nomme lui-même les « natures vives ».

Toute tradition a ses exigences : ainsi, la miniature, qui ne sacrifie rien au charme du détail. Face aux tableaux de Morteza, l’œil ne peut être que saisi par cette netteté, cette précision qui imposent au peintre, chaque jour, dix ou douze heures d’un travail minutieux. Il a le secret de ces éblouissements premiers, originels, bâtisseurs d’univers. Il oppose aux fulgurances douteuses de son temps un sens de l’observation et de la contemplation assez exceptionnel. Sait-on par exemple qu’il peint sans modèle ? Qu’il puise son imagination dans un goût éclairé pour la musique, pour la poésie d’ici ou de là-bas ?

Ses tableaux sont souvent des variations sur quelques sujets universels : la Femme, l ’Eau, le Ciel, le Fruit, la Danse. L’art doit nous débarrasser de nos angoisses. Rien d’ambigu, par conséquent, du côté de l’invisible. Nous sommes confrontés à des symboles universels, qui parlent directement à l’âme, qui suscitent un évident bien-être. Mais s’il existe une dimension morale dans son art, elle réside moins dans les sujets que dans les valeurs au travers desquelles il conçoit l’activité créatrice : souci de ce qui s’offre comme réellement achevé, recherche d’une esthétique qui ne se démode pas, plaisir offert aux yeux modernes qui ne voient plus la beauté d’un fruit ou d’une étoffe.

Grâce à sa maitrise des couleurs et des reliefs, Morteza nous invite à repenser le réel, il n’est pas question, dès lors, de gravité mais de gravitation ; pas question de nature simplement harmonieuse mais harmonique ; pas question de naïveté mais de pudeur, et parfois d’humour.

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