Ben oui… C’est ma première rentrée littéraire…

Mes impressions ? Avez-vous déjà imaginé une orgie de livres ? Vous rentrez dans une librairie et vous pouvez emporter ce que vous voulez, même pas besoin de lire d’ailleurs. Le livre que vous voulez n’est pas disponible ? Alors vous le commandez… Chaque soir, vous voulez lire quelques pages d’un autre auteur. Un conseil d’un ami ? Le coup de coeur d’un client ? Ca ressemble à quoi cet auteur ? Avoir une librairie c’est ça. Une bibliothèque sans frontière. Open Bar. Consommation illimitée. Plaisir à volonté. Quand je veux, où je veux, autant que je veux.

Et la rentrée, c’est pire que pire. Des livres en quantité, des auteurs connus, inconnus, des livres dont on nous a parlés, des livres qu’on a attendus, des auteurs fétiches… Et puis il faut pouvoir en parler, pouvoir conseiller, vérifier ce que disent les critiques, se faire sa propre opinion. Pas le choix, faut lire. Quand je veux, où je veux, autant que je veux. Mais de préférence, encore plus 😉

Je n’avais jamais fait ça, j’ai lu près de 6 livres en parallèle. Mes journées sont tellement pleines et longues que je n’ai pas assez de temps pour lire alors je papillone, j’optimise, je goûte, je zappe, j’approfondis pour mes préférés. C’est pas bien. Mais c’est quand même bon 😉

Je viens de finir le premier roman sur les 6 entamés. Voici mes premiers retours :

– Un de mes préférés, il fait suite à mes lectures de l’été : « Du domaine des murmures » est le deuxième roman de Carole Martinez. J’avais adoré « Coeur cousu », j’ai retrouvé sa poésie, ce mélange entre le conte et le roman. Changement de décor et d’époque. En 1187, Esclarmonde, 15 ans, refuse le mariage arrangé par son père et préfère se faire emmurer pour se consacrer à Dieu. Cette confidence nous entraine dans sa tombe qui la fera bien plus voyager qu’elle n’aurait pu le faire en épousant Lothaire.  2 romans difficiles à introduite en résumant le prétexte. Frasquita a le don de couture, tout ce qu’elle coud semble prendre vie…. Pourtant tout y est, poésie, merveilleux, fantastique, irrationnel, mystique, sensibilité…

– « Le dos crawlé » d’Eric Fottorino. J’avais adoré  » L’homme qui m’aimait tout bas » puis « Questions à mon père ». Ces 2 confidences, la première sur son père adoptif suite à son suicide, puis sur son père génétique m’avaient bouleversée. J’ai lu le premier 20 ans après le suicide de mon propre père et il me renvoyait tant de choses. Le second montrait toute l’ambiguité des sentiments suite à un abandon. Au fond, j’attendais ce roman avec appréhension, qu’attendre de plus après ces 2 oeuvres si intimes ? Eric Fottorino a su conserver le ton de la confidence dans ce souvenir de vacances d’un jeune garçon de 13 ans. J’ai ri, j’ai souri, j’ai été attendrie par ses premiers émois, par sa clairvoyance, par sa naïveté. « Le petit Nicolas » qui aurait grandi et qui nous confie ses premiers émois de vacances à la mer… Voilà, c’est un peu ça. « J’ai vidé mon sac à bla-bla en parlant des creux au ventre et de la maladie de l’amour et de ma quique qui gonfle quand je vois une femme toute nue… Tu n’es pas comme les grandes personnes qui trichent avec leur coeur… J’ai demandé si mon coeur était en danger… Il a souri et m’a dit que non et que je devais continuer à vivre avec mes mots de ventre et mon mât de cocagne qui grossit comme un turc… » Insensible s’abstenir.

– « Rien ne s’oppose à la nuit » de Delphine de Vigan. Vous l’aurez compris j’aime les confidences, j’aime toucher au tréfond de l’âme, j’aime comprendre ce qui nous remue. Dans ce livre, Delphine De Vigan nous entraine sur sa quête de la vérité sur sa mère qui s’est suicidée  en 2008 ( évidemment). Une écriture limpide, sans détour. Une famille exceptionnelle, un parcours hors du commun. Comment ne pas être marquée, comment ne pas chercher à savoir ?

– « La femme au miroir » d’Eric-Emmanuel Schmitt. J’ai presque lu tout ses livres. J’aime son style, sa simplicité, sa vision de scénariste,  j’aime son optimisme même pour aborder les sujets les plus graves. Certains de ses livres sont lisibles très jeunes et étudiés au collège. D’autres sont plus complexes mais restent toujours abordables. Pas de jugement, seulement un éclairage et une lueur d’espoir. Les nouvelles sont plus légères. Pour ce dernier roman, j’en suis restée au cadre : 3 femmes, 3 époques, 3 lieux, un même prénom (Anne, Hanna et Anny) et le même sentiment d’être une femme pas à sa place.

– « Les débutants » d’Anne Serre. Comment une femme, amoureuse de son mari peut-elle tomber amoureuse d’un autre homme ? Un glissement de l’esprit, du corps…

Et puis il y a eu Véronique Ovaldé « Des vies d’oiseaux », dans la continuité de « Ce que je sais de Vera Candida.

Dans un registre très différent, « Le héron de Guernica » d’Antoine Choplin. Voir les bombardements de Guernica à travers les yeux de ce peintre de Héron un peu simple.

Je commence « L’envie » de Sophie Fontanel et j’attends avec impatience un policier « animalier » « Mélancolie des corbeaux » de Sébastien Rutès, présenté par le biais d’une lecture fascinante lors de la rentrée littéraire d’Actes Sud.

Et vous bien rentré ?

 

Publicités