Samedi 26 avril, dans la boîte aux lettres, j’ai trouvé 2 lettres. L’une provenait de la région auprès de qui j’ai sollicité une aide en août 2010. Voici cette lettre, elle me signifie en 3 lignes que malgré le soin apporté à l’étude de mon dossier – plus de 7 mois… autant que mes travaux – je ne remplis pas les conditions permettant de me répondre favorablement. Je ne vous cache pas ma déception, ma colère et mon écœurement. Pour l’anecdote, l’autre lettre était la déclaration des impôts sur les sociétés, je pense que son étude sera bien plus rapide et le résultat tout à fait favorable, je pourrai payer des impôts permettant entre autre, de financer la région afin qu’elle puisse étudier des dossiers de longs mois avant de les rejeter !

Comment ne pas être déçue ?

J’ai essuyé des refus pour presque toutes les aides proposées pour la création des librairies :

  • l’ADELC car je suis aussi un restaurant – pourtant vous avez tous pu voir que « Mille Feuilles » est bien une librairie -,
  • le CNL car je ne suis pas en grande couronne – zone 4 pourtant ! et Bièvres est desservie par un tortillard dangereux et régulièrement arrêté.
  • J’ai obtenu l’aide de la DRAC pour l’informatisation de ma librairie, j’en suis très heureuse mais ce n’est pas l’aide la plus importante.

Je comptais vraiment avoir l’aide de la région. La librairie-restaurant « Des bulles et des ballons » située à Montreuil l’a obtenue, alors pourquoi pas moi ?

Et puis, comment est-il possible de prendre 7 mois pour annoncer, par courrier en 3 lignes, que le dossier, qui lui fait plusieurs pages, ne répond pas aux critères ? Mon dossier est arrivé le 2 août, la date limite était le 5 septembre j’ai rencontré la personne en charge des études début septembre, mon dossier aurait dû passer en commission en octobre, hélas, fin septembre elle m’a annoncé que l’étude  – le dossier étant complexe – ne serait pas terminée pour la commission d’octobre, je devais donc attendre « le printemps ».

Rien n’annonce dans le courrier que la commission a statué de façon négative mais que le dossier ne remplit pas les conditions… J’en ai conclu que l’étude arejetté mon dossier. J’avais relancé mon interlocutrice le 12 mars, elle a lu mon message de 14 mars et le 26 mars j’ai reçu ce courrier, daté du 11  mars, – il aura pris 15 jours à arriver jusqu’à Bièvres- ! Mon dossier a été étudié ? J’ai relu les conditions, je vous les copie ci-dessous, je ne vois vraiment pas celles que je ne remplis pas.

Objectifs de l’aide

– Constituer un fonds général lié à un projet de création de librairie ;
– Renforcer un fonds général lié à un projet de développement de la librairie ;
– Créer un fonds thématique particulier ;
– Développer une politique d’animation culturelle de la librairie, en complément du partenariat qu’elle développe avec l’Adelc.

Bénéficiaires

Librairies indépendantes franciliennes :
– ayant la majorité du capital détenu par des personnes physiques impliquées dans le fonctionnement de l’entreprise ;

– de littérature générale, ouvertes au public dont l’activité principale est la vente de livres neufs.

Conditions d’éligibilité

– Développer une stratégie de constitution d’un fonds à caractère culturel (dont la moitié des ouvrages doit être achetée en compte ferme) ;
– Développer des actions culturelles permettant de faire vivre le fonds et d’élargir la clientèle.

Mais si la commission a eu lieu, et que mon dossier a été oublié au fond d’un tiroir… Alors évidemment… il ne répond pas aux conditions pour être examiné…

J’ai commencé à écrire ce « coup de gueule » le dimanche qui a suivi la réception du courrier. Entre temps, j’ai rappelé mon interlocutrice à la région. Elle a pris le temps de m’écouter. J’ai demandé les raisons du refus. Je les ai toutes rejetées :

  • Il manquait des pièces. Aucune ne l’avait été demandé.
  • Mes libraires font aussi du service. Je devais initialement en embaucher une, j’ai embauché 2 libraires et elles assurent avec moi le service.  Le même nombre d’heures est donc « affecté » à l’activité librairie.
  • Le CNL et l’ADELC ont refusé de me subventionner et la région s’appuie sur « l’expertise » de ces 2 organismes. Donc si on n’obtient pas d’aide, on n’obtient pas d’aide… J’ai suggéré de ne gérer qu’une enveloppe, ce qui ferait faire des économies d’étude 😉
  • Mon projet est très compliqué, mon projet est très ambitieux. Parfois on voit des gens se mettre dans une situation personnelle très risquée, donc il ne vaut mieux pas les aider…
  • Le restaurant pourra compenser les pertes de la librairie. Donc pourquoi subventionner une librairie qui peut se faire subventionner par un restaurant ? J’ai répondu que les 2 activités devaient fonctionner correctement et que la librairie avait le droit d’être considérée en tant que librairie et donc d’être aidée.

En conclusion, elle a accepté de reconsidérer mon dossier avec le chiffre d’affaire des 2 activités et le fond de livre déjà constitué. Mon dossier repasserait en commission en… JUILLET !!! Bien sur je n’ai aucune assurance qu’il sera étudié avec plus de bienveillance. J’ai demandé à recevoir le compte-rendu de la commission ainsi que les « recommandations » qui avaient été transmises aux élus participant à la commission ; je n’ai pas obtenu de réponse. Que me répondra-t-on en juillet ? Presque 1 an après la date du dépôt de mon dossier ? « Malgré une très, très, très longue étude… »

Voilà, je fais appel aux élus, venez voir ma librairie ! Aucun de ces organismes qui donnent ou prêtent de TRES grosses sommes d’argent, parfois publiques ne s’est déplacé, le CNL et l’ADELC ne m’ont même pas reçue. Est-ce normal ?
J’ai relancé le CNL et l’ADELC, je ne considère pas mon dossier comme clos.
Je compte sur l’appui de mes clients et des élus qui pensent que les choses peuvent être différentes, que le développement durable c’est aussi ça, créer des commerce de proximité innovants et pas seulement faire des prix du développement durable ou des fêtes du développement durable ou des observatoires de l’environnement ou… N’oublions pas que la 4ème dimension du développement durable est  la CULTURE (après le social, l’environnement et l’économie).
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