J’ai entamé la rééducation de mes doigts 🙂

La tentation était trop grande, tant de neige, une paire de ski de fond et des chaussures ramenées du Jura l’année dernière au cas où… Évidement, il y avait ces doigts… les attelles tout juste enlevées, l’ongle du majeur gauche opéré et remis en place la veille…

J’ai pris le risque. Si on ne faisait que des choses raisonnables, je n’aurais jamais acheté le Brétois et je ferais toujours de l’informatique chez Orange.

J’ai chaussé mes chaussures, enfilé des moufles (un peu juste avec les doigts blessés), mis mon bonnet rouge et je suis partie skier dans les rues de Bièvres.

J’ai aimé… Quelqu’un m’a demandé si je préférais le moment où je faisais ces « bêtises » ou après, quand je les racontais. J’aime avant, pendant et après. Mais le meilleur moment c’est le contact qui se crée naturellement avec les gens que je croise, j’aime surtout leur sourire alors qu’ils sont dans la galère, à pied, en voiture, sur la neige depuis des heures, à essayer de rentrer chez eux ou tout simplement pouvoir s’arrêter au chaud, boire quelque chose. Ils baissent la vitre de voiture, relèvent la tête, soulèvent leur capuche, sourient et lancent « A vous avez trouvé la solution, vous au moins », « Vous pouvez pas me les prêter ? », « J’ai jamais vu ça ! », « Je peux vous photographier ? », « Je peux monter ? « … Alors je suis heureuse, je leur renvoie leur sourire, je plaisante avec eux, je leur souhaite bon courage et je pense qu’ils repartent avec un peu de baume au coeur 🙂

En parlant de rencontre, je vais vous raconter l’histoire de cette photo. Je suis donc à ski, je croise une biévoise qui me demande si elle peut me prendre en photo avec mes skis, nous discutons, je parle de mes doigts blessés et elle comprend alors qui je suis car étant une fidèle lectrice du blog, elle avait lu que je m’étais cassée les doigts ! J’aime ces moments de surprises, d’échanges.

Ce sont ces « petites originalités » qui brisent la glace et créent, simplement, un lien avec les personnes croisées, jeunes, vieux, femmes ou hommes. Mercredi, c’était ma tenue de skieuse, un autre jour mon poncho péruvien, mon vélo et mes talons hauts, ma casquette de gavroche…

Pour en revenir à la neige, Bièvres a été bien touchée, coincée entre l’A86 et la 118 toutes deux fermées, à proximité du centre commercial de Vélizy II très fréquenté à l’approche de Noël, au fond de la vallée, elle s’est révélée une véritable souricière pour les automobilistes s’y engageant. Le gymnase a hébergé environ 160 personnes, de nombreux biévrois ont accueilli aussi du monde, mes filles et celles de mes voisins sont allées apporter du thé et des gâteaux aux automobilistes bloqués des heures sur la 118, les ouvriers travaillant au Mille Feuilles ont diné chez nous – c’était d’ailleurs très sympathique- puis ont couché dans l’appartement (chauffé) situé au dessus de la librairie. Les voisins leur ont très gentiment prêté des matelas, des couvertures et des draps. L’entraide s’est naturellement mise en place.

Au final, la neige n’aura pas été uniquement signe de galère, les enfants ont fait des batailles de boules de neige, des bonshommes de neige, j’ai croisé des surfeurs allée du Buisson, je ne suis pas photographe mais les paysages étaient magnifiques, surtout le lendemain avec le soleil, les portes se sont ouvertes, les tables se sont faites accueillantes et j’ai pu utiliser les skis donnés par Gérard ! Merci Gérard !

Je crois que je vais devoir prévoir un râtelier à ski devant le Mille Feuilles en plus d’un parking à vélo !

Ah et pour ceux qui se sont alarmés pour mes doigts, je suis un peu tombée évidemment – je ne sais pas ce que fait la mairie, mais les pistes n’étaient pas bien damées 🙂 – , je me suis fait un peu mal mais tout va bien…

Publicités