On rentre dans le concret pour la partie librairie !

Aujourd’hui je suivais la première journée de formation au métier de libraire dispensée par l’INFL (Institut national de Formation de la librairie). C’est une formation de 10 jours sur 2 semaines sur le métier de libraire Chef d’entreprise.

Nous sommes 8, 7 femmes et 1 seul homme. Tous en reconversion, informaticien, assistante de direction, chargé de mission. L’ambiance est bonne.

Ce jour nous avons vu :

Le matin : Le cadre d’exercice de la profession La loi LANG : Une économie régulée par une loi, ses enjeux avec Jean-Marie Ozanne qui est directeur de la librairie-édition « Folie d’encre » et le président de l’INFL.

Etudier une loi à froid, un lundi matin, cela peut ressembler à un bizutage, en fait pas du tout, c’était passionnant. Jean-Marie Ozanne a « raconté » avec beaucoup d’humour et de perspicacité l’histoire de la librairie au 20ème siècle pour expliquer la naissance de la loi LANG.

Si je résume et schématise à l’extrême les 3h30 d’exposé  (j’espère que si M. Ozanne tombe sur cet article il ne sera pas trop déçu de ce que j’en ai retenu), cette loi permet de défendre la création éditoriale ; en imposant un prix fixe de vente des livres, la concurrence ne s’exerce plus sur les prix mais sur des critères plus qualitatifs et laissent une place aux librairies indépendantes face à la grande distribution ou aux grandes enseignes. De même un système de remise intégrant ces critères qualitatifs et non seulement quantitatifs permet de réduire l’avantage des gros face aux petits. Un livre peut alors rester en rayon un peu plus longtemps et avoir le temps de séduire son public. Il s’agit de défendre la bibliodiversité, le libraire se retrouve acteur du développement durable par rapport à la culture (et non l’agriculture)… Je ne pensais pas vraiment faire encore du DD en ouvrant une librairie mais j’en suis particulièrement ravie et cela ajoute une nouvelle raison de m’engager dans cette voie.

J’ai noté aussi que l’avenir de la librairie indépendante résidait probablement dans sa capacité à faire des animations. Alors là je me suis dit que j’étais sur la bonne voie. Et enfin il a été question d’incarnation physique, de personnalité, d’engagement. Je ne sais pas si je saurais insuffler une personnalité à mon resto-librairie mais c’est bien ce que je recherche.

Et enfin quelques chiffres anecdotiques mais très parlant :

– l’ensemble de l’économie du livre équivaut au CA de Darty ! Pas plus…

– Gallimard qui est déjà un « gros » éditeur représente le rayon aspirateur de Darty

– Les éditions de Minuit se cantonne au rayon sac de rechange des aspirateurs

Alors si on rassemble quelques libraires indépendants on obtient les poussières contenues dans le sac d’aspirateur 😉
L’après-midi : le paysage actuel de l’édition -Les éditeurs, leur rôle, les fonds – La production éditoriale, les CA avec Pierre Astier

Là aussi nous avons eu droit à un résumé de l’histoire des éditeurs : de nombreuses créations du début du 19ème jusqu’à la moitié du 20ème, ensuite c’est une succession de rachats pour arriver à un marché dominé par Hachette (groupe Lagardère) qui doit faire près de 40% du CA avec 2 273 M E, vient ensuite Editis (Plon, Robert Laffond, Nathan…) avec 760 M E, puis  une dizaine de groupes avec un CA entre 150M E et 350M E. Pourtant il y a 3 500 éditeurs en France… La fameuse Bibliodiversité 🙂

Un éditeur s’appuie sur un diffuseur, sa force commerciale et un distributeur, sa force logistique. Les petits éditeurs peuvent s’appuyer sur un diffuseur ou un distributeur d’un groupe dont il ne fait pas partie.

Un premier jour dense, visite de la librairie de Jean-Marie Ozanne « Folies d’encre », je vous la conseille si vous passez par Montreuil, elle fait 300 m2, il y a du volume, du choix, de la lumière, de la hauteur de plafond, un mobilier de caractère, des livres aussi de caractère avec quelques éditeurs moins courants dont « Folies d’encre » évidemment ! Il parle avec passion des oeuvres qu’il édite et vous donne envie de les lire, j’ai noté Cyrille Fleischman et Moacyr Scliar.

Dites-moi si c’est trop long… ou pas assez détaillé…

A suivre

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